Le MEDEF, acteur impliqué dans les négociations internationales sur le changement climatique
A l’approche de la 17ème Conférence des parties de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) qui se tiendra du 28 novembre au 9 décembre à Durban, Alain Capmas, président du comité changement climatique du MEDEF fournit quelques clés de lecture de ces négociations.
Les négociations vont-elles aboutir sur la prolongation du Protocole de Kyoto ?
La prolongation du Protocole de Kyoto reste très hypothétique. Le Canada, le Japon et la Russie y sont opposés et les Etats-Unis appellent à des négociations sur la base de Copenhague. Seule l’Union européenne ne ferme pas la porte à une nouvelle période d’engagement. L’Afrique du Sud mise pourtant sur une seconde période Kyoto, ce qui apparaît surprenant compte tenu des blocages observés à Panama en octobre. Une approche qui se concentrerait sur les points durs comme à Cancun semblerait plus réaliste. D’autant que le temps laissé à la négociation sera particulièrement court (pas moins de 6 réunions formelles se tiendront en parallèle).
Qu’attendent les entreprises de ces négociations ?
Pour le MEDEF, la question du 2°C n’en est pas une alors que la question de l’énergie et de l’économie des ressources l’est clairement. Les entreprises attendent de Durban des avancées dans plusieurs domaines.
Tout d’abord, il est nécessaire de lever les incertitudes juridiques sur le régime post-2012 qui risquent d’avoir de sérieuses conséquences sur les outils de marché. Avec quelque 4 000 projets engagés, les Mécanismes de Développement Propre (MDP) et la Mise en Œuvre Conjointe (MOC) ont prouvé leur utilité pour réduire les émissions et mobiliser des investissements. Le MEDEF souhaite la signature d’un accord sur les MDP, seul point pouvant justifier le prolongement d’un Kyoto avec peu de pays. Il y a aujourd’hui un vrai risque de perdre l’expérience accumulée, de démotiver le secteur privé et de fragmenter les marchés du CO2, et une urgence à clarifier le cadre de ces mécanismes.
Il convient aussi de favoriser des accords bilatéraux avec des Etats ou des blocs régionaux. L’Union européenne envisage d’accepter des crédits au travers d’accords avec des pays tiers. Ces accords seraient particulièrement intéressants avec des pays imposant des objectifs de réductions à leurs industriels, ou avec des partenaires proches comme les pays méditerranéens hors UE. L’Europe concilierait ainsi sa position « avant-gardiste » avec une exigence de crédits acceptés sur son marché. Ces accords bilatéraux feraient avancer le processus multilatéral. Les entreprises pourraient ainsi avancer sur la mise en œuvre d’accords sectoriels mondiaux.
Quid de la mesure et du financement ?
Le MEDEF compte sur une méthode partagée de mesure, de reporting et de vérification (MRV) des émissions. Signe encourageant, un nombre croissant de pays (dont les Etats-Unis et l’Australie) plaide pour la mise en place d’un cadre solide, transparent et rigoureux. Pour le MEDEF, ce point est absolument crucial pour faire des chiffres un levier d’action.
En ce qui concerne le financement, cela reste une priorité en dépit
du contexte économique. Malgré la prudence affichée sur l’implication du secteur public, il est indispensable de recourir à la fois à des financements publics, y compris les sources innovantes, et privés, et de permettre aux institutions financières de renforcer leurs activités de prêt et de mobilisation de fonds afin de dégager 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 (Fonds vert), y compris pour la lutte contre la déforestation (REDD +), l’adaptation ou encore le transfert de technologies. Le secteur privé devra s’impliquer dans le réseau technologique décentralisé qui doit voir le jour et veiller au respect de la propriété intellectuelle dans les transferts de technologie.
Le MEDEF, acteur impliqué dans les négociations internationales sur le changement climatique
A l’approche de la 17ème Conférence des parties de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) qui se tiendra du 28 novembre au 9 décembre à Durban, Alain Capmas, président du comité changement climatique du MEDEF fournit quelques clés de lecture de ces négociations.
Les négociations vont-elles aboutir sur la prolongation du Protocole de Kyoto ?
La prolongation du Protocole de Kyoto reste très hypothétique. Le Canada, le Japon et la Russie y sont opposés et les Etats-Unis appellent à des négociations sur la base de Copenhague. Seule l’Union européenne ne ferme pas la porte à une nouvelle période d’engagement. L’Afrique du Sud mise pourtant sur une seconde période Kyoto, ce qui apparaît surprenant compte tenu des blocages observés à Panama en octobre. Une approche qui se concentrerait sur les points durs comme à Cancun semblerait plus réaliste. D’autant que le temps laissé à la négociation sera particulièrement court (pas moins de 6 réunions formelles se tiendront en parallèle).
Qu’attendent les entreprises de ces négociations ?
Pour le MEDEF, la question du 2°C n’en est pas une alors que la question de l’énergie et de l’économie des ressources l’est clairement. Les entreprises attendent de Durban des avancées dans plusieurs domaines.
Tout d’abord, il est nécessaire de lever les incertitudes juridiques sur le régime post-2012 qui risquent d’avoir de sérieuses conséquences sur les outils de marché. Avec quelque 4 000 projets engagés, les Mécanismes de Développement Propre (MDP) et la Mise en Œuvre Conjointe (MOC) ont prouvé leur utilité pour réduire les émissions et mobiliser des investissements. Le MEDEF souhaite la signature d’un accord sur les MDP, seul point pouvant justifier le prolongement d’un Kyoto avec peu de pays. Il y a aujourd’hui un vrai risque de perdre l’expérience accumulée, de démotiver le secteur privé et de fragmenter les marchés du CO2, et une urgence à clarifier le cadre de ces mécanismes.
Il convient aussi de favoriser des accords bilatéraux avec des Etats ou des blocs régionaux. L’Union européenne envisage d’accepter des crédits au travers d’accords avec des pays tiers. Ces accords seraient particulièrement intéressants avec des pays imposant des objectifs de réductions à leurs industriels, ou avec des partenaires proches comme les pays méditerranéens hors UE. L’Europe concilierait ainsi sa position « avant-gardiste » avec une exigence de crédits acceptés sur son marché. Ces accords bilatéraux feraient avancer le processus multilatéral. Les entreprises pourraient ainsi avancer sur la mise en œuvre d’accords sectoriels mondiaux.
Quid de la mesure et du financement ?
Le MEDEF compte sur une méthode partagée de mesure, de reporting et de vérification (MRV) des émissions. Signe encourageant, un nombre croissant de pays (dont les Etats-Unis et l’Australie) plaide pour la mise en place d’un cadre solide, transparent et rigoureux. Pour le MEDEF, ce point est absolument crucial pour faire des chiffres un levier d’action.
En ce qui concerne le financement, cela reste une priorité en dépit
du contexte économique. Malgré la prudence affichée sur l’implication du secteur public, il est indispensable de recourir à la fois à des financements publics, y compris les sources innovantes, et privés, et de permettre aux institutions financières de renforcer leurs activités de prêt et de mobilisation de fonds afin de dégager 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 (Fonds vert), y compris pour la lutte contre la déforestation (REDD +), l’adaptation ou encore le transfert de technologies. Le secteur privé devra s’impliquer dans le réseau technologique décentralisé qui doit voir le jour et veiller au respect de la propriété intellectuelle dans les transferts de technologie.